ASIBP - Association pour la Sauvegarde et la mise en valeur de l'îlot Buffon-Poliveau et de ses abords
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Nous rédigeons et envoyons à nos adhérents régulièrement des Lettres d'informations. Ces Lettres sont reprises en totalité dans cette rubrique.

> Lettre d'octobre 2013
> Lettre de janvier 2013
> Circulaire de création de l'ASIBP de novembre 2011
> Lettre du 5 novembre 2011


Lettre d'octobre 2013
Synthèse de notre dernière réunion


Chers adhérents,

Notre action pour la sauvegarde et la mise en valeur de l’Ilot Buffon-Poliveau et de ses abords est soutenue par des adhérents toujours plus nombreux et elle est, désormais, explicitement prise en compte par l’Administration.
Notre Association a atteint l’effectif de 286 membres au 30 septembre 2013. Cela témoigne de l’importance qu’attachent désormais les Parisiens à la défense d’un site exceptionnel, alors même que, situé en retrait, il était jusqu’ici assez peu connu et que, sur la période récente, notre présence est restée assez discrète.

Il y a dix-huit mois, le 28 février 2012, lorsque M. Thierry Duclaux, directeur général de l’EPAURIF, avait reçu une délégation de notre Conseil, il nous avait dit que le Rapport Larrouturou ne constituait pas un projet et ne préjugeait pas du programme en cours d’élaboration. Plus récemment, M. Duclaux a accordé un entretien à l’agence AEF, Informations spécialisées, au sujet du Plan campus à Paris.

Dans la dépêche du 9 avril 2013, on peut lire ce qui suit : « Le relogement (de Censier) ne se fera finalement pas sur l’îlot Poliveau ». Ainsi, une des justifications du schéma Larrouturou se trouve écartée.

A la question : « Pourquoi le relogement sur l’îlot Poliveau n’a-t-il pas abouti ? » , le directeur général de l’EPAURIF répond : « Au-delà de son caractère constructible, la parcelle Poliveau présente de nombreuses contraintes, qui vont de l’opposition des riverains, à la présence d’espèces protégées en passant par la proximité de sites classés, la présence de carrières et une situation en zone inondable. Par ailleurs, la rationalisation de son patrimoine par le Muséum national d’histoire naturelle supposait une réflexion dans une perspective à 20 ans, ce qui
ne se fait pas en un claquement de doigt. Il y a donc eu beaucoup d’études préalables et nous nous sommes rendu compte que le calendrier n’était pas compatible avec le souci du désamiantage rapide de Censier. »

Voilà, incontestablement de très bonnes nouvelles. Outre notre propre intervention, il est agréable de voir cité la présence d’espèces protégées, les célèbres crapauds accoucheurs. La présence, sur l’îlot de grands arbres historiques devrait, à notre sens, constituer une contrainte supplémentaire et majeure à prendre en compte dans tout schéma d’aménagement respectueux du site.

Où en est-on actuellement ? Nous serons heureux de connaître le résultat des diverses études préalables qui ont, notamment, fait l’objet d’appels d’offres en Janvier et Février 2013. Dès à présent, nous ne pouvons que nous réjouir de ce qu’un schéma spectaculaire mais sans base sérieuse soit effectivement abandonné. Nous apprécions aussi beaucoup que les besoins à long terme du Muséum fassent l’objet de réflexions approfondies car nous sommes attachés au maintien et au développement de cette grande institution de muséologie scientifique et de recherche, unique dans le paysage scientifique français.

Reste le cas des deux bâtiments de l’Orangerie et de la Graineterie.

Comme nous vous en avons rendu compte, notre Association a déposé le 20 février 2012, une demande d’inscription de ces deux bâtiments remarquables à l’Inventaire Général du Patrimoine Culturel. Nous n’avons reçu, à ce jour, aucune réponse de l’Administration, malgré nos demandes réitérées.Toutefois, nous avons été heureux d’apprendre que, lors de l’Assemblée du personnel du 17 mai 2013, la Direction du Muséum a indiqué qu’elle était très attachée à la conservation, entre autres, de l’Orangerie et de la Graineterie, les deux bâtiments formant un même ensemble, comme cela est décrit dans la demande d’inscription à l’Inventaire du Patrimoine Culturel déposée par l’ASIBP.

Des voix éminentes se lèvent en faveur de la réhabilitation de la totalité de l’Annexe du Jardin des Plantes et proposent son classement au titre des Monuments Historiques, à l’instar du Jardin des Plantes, situé de l’autre côté de la rue Buffon. Nous comptons donc voir figurer ce bâti dans le plan global de réhabilitation de l’Ilot auquel travaille le Muséum sur des crédits d’étude conséquents qui lui ont été affectés par l’Agence Nationale pour la Recherche.

L’abandon du malencontreux rapport Larrouturou étant acquis, nous nous réjouissons de ces développements récents. Nous restons très vigilants et ne manquerons pas de vous tenir informés de la suite.


ENCART SUR LA RESTITUTION DU BASSIN - NOTE A L’ATTENTION DE NOS ADHERENTS

La Société des Amis du Muséum a entrepris de mener à bien la restitution du bassin qui se trouvait entre la statue de Buffon et la façade de la Grande Galerie de l’Evolution. Il s’agit, entre autres, « d’affirmer et de sauvegarder l’identité patrimoniale et historique du Jardin. »

Nous adhérons totalement à cette démarche et invitons nos membres à participer à la souscription lancée par la Société des Amis du Muséum (Le bulletin de souscription figure dans le n° 255, septembre 2013, de la revue Les Amis du Muséum d’Histoire Naturelle, à télécharger via le site « http://www.mnhn.fr »)

 

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Lettre de janvier 2013
Synthèse de notre dernière réunion


Chers adhérents,

En ce début de l’année 2013, nous vous faisons parvenir le formulaire pour le renouvellement de votre adhésion à l’Association pour la auvegarde et la mise en valeur de l’Ilot Buffon Poliveau et de ses abords (ASIBP) et vous présentons un résumé succinct de la réunion du Conseil de quartier qui s’est tenue le 13 décembre 2012 à la Mairie du 5e arrondissement.

Thierry Duclaux, Directeur Général de l’EPAURIF (Etablissement Public d’Aménagement Universitaire de la Région Ile-de-France) a confirmé l’abandon de «l’opération tiroir» qui figurait dans le rapport Larrouturou. Cette opération consistait à démolir des bâtiments appartenant au Muséum sur l’îlot Buffon Poliveau et les remplacer par des nouveaux bâtiments de grande hauteur, qui devaient être attribués provisoirement aux étudiants de Paris 3, pendant le désamiantage de la Faculté Censier. Une fois les travaux de désamiantage et de reconstruction de la Faculté terminés, les bâtiments nouvellement construits devaient être rendus au Muséum. Si cette partie du projet est abandonnée, nos interrogations sont restées sans réponse pour ce qui concerne l’aménagement de la parcelle où se situent l’Orangerie, la Graineterie, le dallage et l’espace vert qui les entoure. En effet, nous savons que des appels d’offres pour l’aménagement du terrain ont été lancés, mais nous n’en connaissons pas le contenu. Rappelons que le rapport Larrouturou prévoyait la construction de 60.000 m² bâtis sur l’îlot Buffon Poliveau. Notre inquiétude reste donc entière.

Guillaume d'Abbadie, Adjoint au Directeur Général du Museum National d’Histoire Naturelle, a affirmé que l’avenir de l’îlot Buffon Poliveau ne pouvait pas se dissocier de celui des institutions remarquables que constituent le Jardin des Plantes et le Muséum. Il a insisté sur les énormes besoins de place du Muséum, aussi bien pour la modernisation de ses laboratoires que pour entreposer ses précieuses collections. Point important, M. d’Abbadie a déclaré que le dossier en vue de l’inscription à l’Inventaire Général du Patrimoine Culturel de l’ensemble constitué par l’Orangerie et la Graineterie du Jardin des Plantes que l’ASIBP a déposé en février 2012, a le soutien de la Direction du Muséum.

Dominique Tibéri, Maire Adjoint du 5e, qui présidait la séance, a confirmé l’attention qu’il porte aux besoins du Muséum et à ceux de Paris 3, mais il est resté vague quant aux solutions qu’il compte proposer. Il a déclaré avoir entendu les inquiétudes des riverains dont la qualité de vie serait sa priorité.

Il faut noter que le Rectorat et l’Université Paris 3 n’étaient pas représentés et Lyne Cohen-Solal, Adjointe au Maire de Paris, n’a fait aucune déclaration. Ceci nous a étonnés compte tenu de l’importance des sujets traités qui concernent la pérennité d’institutions remarquables, la conservation de constructions historiques précieuses menacées de démolition, la préservation d’un milieu écologique unique, les conditions de travail d’un grand nombre d’étudiants, la qualité de vie des riverains et des parisiens en général, ainsi que des dépenses majeures pour la collectivité.

Vu l’importance des enjeux et de la vigilance qui doit être maintenue, nous vous demandons de continuer à défendre avec nous le lieu exceptionnel que constitue l’îlot Buffon Poliveau, en renouvelant votre adhésion à l’ASIBP qui compte aujourd’hui 270 membres. A cet effet, veuillez remplir le bulletin d’adhésion ci-joint et nous le faire parvenir avec votre cotisation.

N’oubliez pas d’inscrire votre adresse e-mail, qui nous permet de vous tenir informés régulièrement. Penser à consulter notre site Internet, que nous mettons à jour régulièrement. Vous pouvez également nous rejoindre si vous souhaitez participer activement à nos actions.

Le Bureau de l’ASIBP vous présente ses voeux les meilleurs pour 2013.

> Télécharger la Lettre de janvier 2013 (format PDF)

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Circulaire de création de l'ASIBP - Novembre 2011


Les espaces verts du Jardin des Plantes et de ses dépendances sont menacés. Défendons-les ! Mettons-les en valeur !

Un ensemble exceptionnel ...

Un projet de l’Administration prévoit de construire de nombreux bâtiments sur l’emprise du Jardin des plantes et de ses dépendances. Or il s’agit d’un ensemble exceptionnel, apprécié en toute saison par les Parisiens comme par les nombreux promeneurs français et étrangers, et mondialement respecté de scientifiques.

Les scientifiques du Muséum national d’histoire naturelle y poursuivent leurs recherches de pointe ; le public s’y promène et y admire plantes et animaux remarquables, présentés de façon passionnante.

La grande esplanade face à la Seine est bordée de lieux au charme particulier. La Roseraie présente le long de son allée des rosiers horticoles et des rosiers botaniques. Le Carré des iris offre au visiteur un jardin frais et savamment fleuri avec ses pelouses et ses bordures de buis.

L’espace dit Ilôt Buffon-Poliveau est moins fréquenté du public. On y accède par des passages depuis la rue Buffon. Des laboratoires y sont implantés ainsi que la graineterie et l’orangerie. On y compte 5 arbres classés Historiques. Il s’y trouve même une faune particulière et protégée.

Alors que les Parisiens disposent de si peu d’espaces verts, le Jardin des plantes et ses dépendances présentent donc un intérêt unique, à la fois scientifique, écologique, d’instruction et d’agrément Mais voici que l’on voudrait procéder à d’importantes constructions, non seulement dans l’Ilôt Buffon-Poliveau mais aussi sur l’emprise même du Jardin des plantes.

... menacé par un projet de l'administration ...

« Pour rénover l’enseignement supérieur à Paris », selon l’intitulé du rapport demandé par la Ministre en décembre 2008 à M Bernard Larrouturou, Ingénieur général des Ponts et Chaussées, et remis le 10 février 2010 (> voir notre page dédiée), un Projet Poliveau prévoit de regrouper l’essentiel des installations de l’Université Paris 3 sur l’Ilôt Buffon- Poliveau.

Après y avoir détruit 9.820 m² existants, on y construirait 8 bâtiments s’élevant jusqu’à 8 (huit) étages, et totalisant 42.660 m² nouveaux. Non seulement l’Ilôt serait touché mais l’on s’en prendrait au Jardin des plantes lui-même. On y installerait 3 bâtiments pour 2.650 m² et on défoncerait la roseraie afin d’aménager en sous-sol une galerie de 3.000 m². A terme, l’usage de certaines de ces constructions reviendrait au Muséum.

L’Etablissement public d’aménagement universitaire de la région Ile de France (EPAURIF), créé en août 2010, est chargé des travaux. L’objectif affiché est louable : à l’occasion du désamiantage de Censier, lancer une opération afin de doter l’Université Paris3 de locaux regroupés sur 2 sites et offrir de meilleures conditions de travail aux étudiants, aux enseignants et aux chercheurs.

Mais le projet présente des inconvénients évidents et nombreux qui s’opposent à sa réalisation.

... hâtif ...

Il est remarquable d’avoir traité en 13 mois de la totalité du futur dispositif universitaire parisien : consistance, structures, orientations, gouvernance, y compris bibliothèques et logements des étudiants. Mais le projet Buffon-Poliveau est marqué par cette hâte. Ne figurent ni le coût de l’opération, ni celui de variantes possibles et le calendrier des travaux paraît exceptionnellement court. Cela jette un doute sur l’ensemble du projet.

Néanmoins, le rapport « recommande d’engager sans délai » la réalisation de l’opération Buffon-Poliveau. Aussi bien, l’EPAURIF a lancé le 29 juillet dernier un appel d’offres pour l’étude de la programmation de l’opération.

... et désastreux.

On construirait, dès 2012, 950 m² en 2 bâtiments sur l’emprise du Jardin des plantes : pourquoi mordre encore sur cet espace unique ?

On y implanterait, dès 2013, un préfabriqué de 1.700 m², à titre provisoire. Au vu des précédentes constructions « provisoires », comment croire à sa suppression ?

On creuserait sous la roseraie pour 3.000 m² de galerie de stockage. Alors que le site est menacé par une crue centennale de la Seine, ce qui devait justifier d’importants déménagements de collections, comment croire que ces travaux dévastateurs ne seraient pas extrêmement coûteux ?

On accueillerait sur l’Ilôt Buffon-Poliveau 17.000 étudiants (70 % de plus que sur les 67 ha du M.I.T à Boston !), sans compter tous les effectifs enseignants et techniques correspondant, sur un terrain enclavé, sans dégagements, sans possibilité d’y construire quelque nouvelle installation que ce soit. Comment croire que ce dispositif compact et figé pourrait s’adapter à de nouveaux besoins ?

Des immeubles s’élevant jusqu’à 8 étages seraient construits au bord de l’ancien lit de la Bièvre, peut-être même à proximité d’anciennes carrières. Comment ne pas craindre que d’importants surcoûts ne viennent grever l’opération ?

On commencerait par détruire 9.820 m² bâtis sur l’Ilôt, dont la graineterie et l’orangerie. Détruire est facile, mais, dans la conjoncture budgétaire actuelle, qui peut assurer que, cela fait, on pourra financer des constructions nouvelles ?

Les arbres d’espèces très rares doivent être protégés. Mais qui peut assurer que, dans les bouleversements du site, leurs racines ne seront pas endommagées par les engins et qu’ils pourront survivre ?

Des bâtiments seraient ultérieurement cédés par l’Université au Muséum. Comment croire que des locaux d’enseignement puissent se transformer aisément en laboratoires ?

Le Rapport lui-même s’inquiète des « remises en causes régulières des projets d’évolution des implantations des équipes » !

En résumé, « on ne peut qu’être consterné devant un tel projet, coûteux, ficelé à la vavite, éloigné des missions du Muséum, qui va faire perdre définitivement une partie de ses potentialités à un établissement unique au monde. » : telle est la conclusion de l’analyse faite par un spécialiste éminent, Philippe Taquet, membre de l’Institut, Directeur du Muséum de 1985 à 1990 (> voir notre page dédiée).

On amputerait le Muséum, institution de renom international, au nom du progrès de l’Université. Or Paris se portait fort d’accueillir les Jeux olympiques de 2012. Il n’est donc pas impossible d’y rechercher d’autres espaces en vue de doter l’Université de moyens dignes de sa mission, tout en préservant le potentiel du Muséum et en faisant bénéficier les Parisiens de l’accès aux espaces verts d’un Ilôt Buffon-Poliveau réaménagé.

Unes association vient d'être créée.

Des Parisiens se sont réunis pour alerter l’opinion et obtenir que l’administration
- renonce à ce projet ;
- préserve et accroisse les moyens du Muséum ;
- respecte l’ensemble du Jardin des plantes ;
- mette en valeur l’Ilôt Buffon-Poliveau en aménageant ses merveilleux espaces verts autour des locaux du Muséum et en y organisant l’accès du public.

Ils ont créé l’Association pour la sauvegarde et la mise en valeur de l’Ilôt Buffon-Poliveau (ASIBP), régie par la loi de 1901 et déclarée à la Préfecture.
L’ASIBP est menée par des bénévoles. Elle est complètement étrangère à toute ambition politique ou toute préoccupation financière.

Son seul objectif est d’informer les différentes instances concernées des risques irréparables que comporterait la poursuite du projet et d’en obtenir la révision, défendant ainsi la recherche scientifique française, l’agrément des visiteurs du Jardin des plantes et la qualité de l’environnement des Parisiens.

Faites entendre votre voix en adhérant à l'ASIBP

Si vous partagez ces objectifs, faites entendre votre voix en adhérant à l’ASIBP (> accéder au formulaire d'adhésion).

Plus nous serons nombreux à exprimer notre opinion, mieux nous serons entendus.

Vous pouvez adresser des courriels à l’adresse suivante > asibp.association@gmail.com.

 

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Lettre du 5 novembre 2011

Résumé.

Un projet de la collectivité publique prévoit de construire de nombreux bâtiments sur l’emprise du Jardin des Plantes et de ses dépendances au sein de l’Ilot « Buffon-Poliveau », un ensemble exceptionnel apprécié de tous et respecté des scientifiques du monde entier. Or les constructions projetées, partagées entre l’Université Paris 3 et le Muséum National d’Histoire Naturelle, sont de nature altérer irrémédiablement cet ensemble. Nous considérons que le projet est inadapté au développement des institutions qu’il prétend améliorer, tout en étant profondément agressif envers les usagers du Muséum et les habitants du quartier. Par conséquent, nous avons décidé de le contester et de contribuer à la planification d’un aménagement raisonnable, cohérent et pérenne de l’îlot Buffon-Poliveau.

A cet effet, nous avons constitué l’Association pour la sauvegarde et la mise en valeur de l’îlot Buffon-Poliveau et de ses abords (ASIBP), association régie par la Loi de 1901. Les membres de l’ASIBP sont opposés à l’application du projet en raison (1) de ses conséquences désastreuses sur l’urbanisme, la faune locale, les espaces verts et les arbres présents sur le terrain, (2) des aspects géologiques du terrain liés, notamment, au passage de La Bièvre et (3) du caractère provisoire prétendument pluridisciplinaire de la construction, qui ne s’inscrit pas dans un projet de campus
universitaire moderne et cohérent, restreignant définitivement le développement du Muséum.

L’ASIBP oeuvrera au maintien de la totalité de l’îlot Buffon Poliveau dans le cadre du Muséum National d’Histoire Naturelle et à l’amélioration de celui-ci. Cela comprend la préservation du cadre architectural, historique, végétal et de la faune située dans l’îlot Buffon-Poliveau, la modernisation des bâtiments servant aux collections, à la muséologie et aux laboratoires, et des actions diverses permettant d’assurer des constructions adéquates, respectueuses de l’environnement, des conditions géologiques, archéologiques et paysagères et de la zone résidentielle au voisinage immédiat de laquelle se situe la parcelle.

Paris, le 5 novembre 2011

Mesdames, Messieurs,

L’Etat a décidé d’adopter les mesures préconisées par le rapport « Larrouturou » pour la rénovation de l’Enseignement Supérieur Parisien, remis à Madame la Ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche par M. Bernard Larrouturu le 10 février 2010. Ce document, disponible sur Internet (lien en fin de Lettre), recommande la construction de plusieurs bâtiments de grande hauteur destinés à l’Université Paris 3, developpant une surface de plus de 26.000 m² sur la parcelle dite Ilot Buffon Poliveau, sise 43-63, rue Buffon, 26, rue Geoffroy- Saint-Hilaire et 2-24 bis, rue Poliveau.

Vous trouverez ci-joint le chapitre du rapport concernant le projet (rapport Larrouturou, Annexe 12, pages 113 à 116).

La Mairie de Paris, dont l’avis est consultatif pour ce qui concerne les constructions immobilières situées sur des terrains d’un grand établissement public soumis à la tutelle de l’Etat, ce qui est le cas ici s’agissant de terrains du Muséum National d’Histoire Naturelle (MNHN), aurait donné un avis favorable aux constructions préconisées dans le rapport Larrouturou. Nous savons que la Mairie du 5e arrondissement ne s’oppose pas en l’état aux constructions, souhaitant le maintien de l’Université Paris 3 dans sa circonscription.

Le projet de construction d’immeubles dans l’Ilot Buffon Poliveau est présenté dans une conjoncture liée au désamiantage de l’Université Paris 3 Censier, nécessitant son évacuation pendant plusieurs années. Il s’agit de construire sur l’Ilot Buffon Poliveau des bâtiments de grande capacité permettant d’accueillir pendant le temps du désamiantage plusieurs milliers d’étudiants que reçoit aujourd’hui le site universitaire Censier.

Ensuite, une partie des bâtiments serait conservé à titre définitif par Paris 3 et d’autres cédés au MNHN. Les détails et le calendrier des opérations figurent dans le rapport Larrouturou. A notre connaissance, aucune demande de permis de construire n’a été déposée à ce jour à la Préfecture de Paris Ile de France qui reçoit les projets de l’Etat ni à l’Apur, 17 boulevard Morland, qui reçoit ceux de la Ville de Paris. Par contre, indiquant l’imminence de la mise en oeuvre du projet, l’Etablissement Public d'Aménagement Universitaire de la Région d'Ile de France (Epaurif) a lancé il y a quelques semaines, un appel d’offre public pour l’étude et la réalisation des constructions.

Naturellement, sachant cela, nous avons été saisis d’un sentiment de tristesse et de crainte d‘imaginer ce site perdant son caractère exceptionnel. Notre inquiétude est aussi motivée par la disparition d’une grande partie de l’annexe du MNHN et des conséquences néfastes aisément prévisibles que cette disparition entraînerait de manière définitive sur l’environnement et le fonctionnement du Muséum et du Jardin des Plantes.

Nous sommes favorables à ce que l’Université de Paris et le MNHN puissent se développer dans l’excellence et de la meilleure manière possible à Paris, où ces institutions jouent un rôle prééminent. Cependant, nous considérons que le projet soutenu par le rapport Larrouturou est inadapté au problème qu’il prétend résoudre, étant profondément agressif pour les habitants du quartier et envers le personnel et l’ensemble des usagers des divers établissements du MNHN.

Par conséquent, nous avons décidé de le contester avec vigueur, tout en contribuant à la planification d’un aménagement raisonnable, cohérent et pérenne de la parcelle.

A cet effet, nous avons constitué l’Association pour la sauvegarde et la mise en valeur de l’îlot Buffon-Poliveau et de ses abords (ASIBP), association régie par la Loi de 1901, domiciliée à Paris 5e, 39, rue Buffon, dont la publication est en cours. Son adresse e-mail est asibp.association@gmail.com.

Les membres de l’ASIBP ainsi créée sont opposés à l’application du projet inscrit dans le rapport Larrouturou pour plusieurs raisons :

(1) Les conséquences de l’application du projet sur l’urbanisme, la faune locale, les espaces verts et les arbres présents dans le terrain. Le projet suscite des interrogations dès lors qu’il est situé dans une zone urbaine végétalisée risquant d’altérer un espace parisien remarquable. Suivant le projet, plusieurs bâtiments de grande hauteur (jusqu’à 31 mètres) devraient s’élever à proximité de bâtiments classés ou inscrits à l’inventaire des Monuments historiques et à une distance proche des façades des résidences d’habitation situées 25 à 41 rue Buffon et du 7-9, rue Nicolas Houël, privant ainsi la plupart des appartements de la perspective dont ils bénéficient aujourd’hui. A la lecture des documents cadastraux, les constructions projetées concernent un vaste périmètre délimité par les immeubles situés 25 à 41 et 65 à 75 rue Buffon, 7 à 9 rue Nicolas Houël et 2 à 50 rue Poliveau. Les nouveaux immeubles seraient érigés à la limite de la rive droite voire au-dessus du bras de La Bièvre qui coule aujourd’hui dans un tunnel construit dans son lit sur le terrain concerné en zone à risque de PPRI (inondable). Les nombreux arbres présents sur le terrain très anciens et aux essences rares, souvent de grande hauteur (10 à 15 mètres de hauteur) et au feuillage très développé, faisant partie de la collection du Jardin des Plantes ne pourraient probablement pas survivre dans des bonnes conditions, enfermés dans un espace limité. La faune spécifique vivant dans la parcelle, faite d’espèces rares en péril d’extinction, disparaîtrait inéluctablement vu la suppression des conditions spécifiques d’habitat qu’on leur imposerait. L’exécution du projet nécessiterait la suppression de très nombreuses plantations destinées au Jardin des Plantes et comporterait la démolition du bâtiment historique de la Graineterie du Jardin des Plantes, ainsi que celle de l’Orangerie, dont une partie est classée ou protégée. Ces deux bâtiments d’un grand intérêt historique et architectural, dont la beauté sui generis est indiscutable, apportent un élément pittoresque dans ce que fut le trajet de La Bièvre à Paris. La destruction de ces bâtiments supprimerait irréversiblement une partie constitutive, fortement représentative de l’histoire de Paris et du développement du Jardin des Plantes; ce serait un acte incompréhensible et regrettable. A l’heure où l’écologie insiste sur la nécessité de préserver et améliorer les espaces verts à Paris, nous assisterions au bétonnage d’un tel espace qui comporte une valeur culturelle irremplaçable.

(2) Les aspects géologiques du terrain liés, notamment, au passage de La Bièvre. Le trajet de La Bièvre, avant son embouchure dans La Seine, se fait à travers l’Ilot Buffon Poliveau, entre la rue Geoffroy-Saint-Hilaire et la rue Nicolas Houël. Plusieurs bittes de halage sont encore présentes sur le site, implantées sur la rive droite de la rivière, aujourd’hui canalisée. D’après le dessin contenu dans le rapport Larrouturou, où le passage de la rivière n’est pas représenté, la limite nord des bâtiments à construire serait à peu près sur le bord de la rive droite de La Bièvre, voire au dessus du lit de La Bièvre, dans une zone inondable. La présence de cette rivière au voisinage de laquelle se développe la zone à construire, suscite des interrogations doublées de craintes. En effet, peut-on construire des immeubles de grande hauteur comme ceux projetés sur le bord, voire audessus
d’une rivière, sans craindre la déstabilisation des ouvrages existants ? Est-il pertinent de construire des sous-sols abritant des collections précieuses et/ou des étudiants dans des zones inondables? Par ailleurs, une telle construction entraînerait définitivement l’abandon de fait du projet de découverte de La Bièvre dans certaines parties de son lit à Paris, projet longtemps défendu par la Mairie de Paris. Il est également nécessaire de déterminer précisément la nature des carrières souterraines que contient la zone concernée, comme cela est précisé dans le P.L.U. de Paris.

(3) Le caractère provisoire prétendument pluridisciplinaire de la construction, qui ne s’inscrit pas dans un projet de campus universitaire moderne et cohérent, restreignant le développement du MNHN. La construction des bâtiments dans un terrain qui se situe sur les surfaces historiques du MNHN, s’inscrit dans un contexte d’urgence dû à la nécessité de désamianter la Faculté Censier-Paris 3 et donc de loger provisoirement les étudiants qui y étudient des disciplines telles les arts du spectacle, la communication, les langues latino-américaines, des disciplines littéraires diverses, etc. Ensuite, selon un calendrier inscrit dans le rapport, une partie des locaux faits essentiellement de salles de cours, seraient ré affectés au MNHN où sont pratiquées des disciplines scientifiques totalement différentes, nécessitant des équipements radicalement distincts, dont les chercheurs du Muséum réclament depuis longtemps l’attribution compte-tenu de la vétusté et l’insuffisance notoire de leurs installations. Il s’y pratique des disciplines telles
la Géologie, la Paléontologie, la Zoologie, la Botanique, l’Anatomie comparée, la Génétique, auxquelles s’ajoutent la muséologie et la conservation des riches collections animales, végétales et minérales du MNHN. Ce va-et-vient entre deux institutions distinctes sur plusieurs années pour un résultat incertain, dont le coût n’a pas été évalué à notre connaissance, n’est pas cohérent et on peut craindre que la construction de bâtiments d’emblée inadéquats ne puisse donner satisfaction à l’Université (bâtiments provisoires mal adaptés, implantés loin de tout campus moderne requis par un enseignement de qualité, devenant hélas trop souvent définitifs…) ni au MNHN qui serait frappé d’une restriction spatiale irrémédiable endiguant ainsi son développement futur, absolument indispensable vu l’importance capitale de l’institution. A ceci viendraient s’ajouter les déménagements incessants auxquels les personnels du Muséum devraient faire face durant plusieurs années, le déplacement des plantations à
une grande distance de Paris, l’inconfort imposé dans le travail des personnels du MNHN lié à la diminution des espaces, etc. Le sort scandaleusement injuste que l’on veut faire subir au Muséum est décrit dans un document écrit par Monsieur Philippe Taquet, Membre de l’Institut, Professeur émérite au Muséum et ancien Directeur du Museum de 1985 à 1990, accessible sur http://ilotbuffonpoliveau.wordpress.com. L’ASIBP oeuvrera au maintien de la totalité de l’îlot Buffon Poliveau dans le cadre du Muséum National d’Histoire Naturelle et à l’amélioration de celui-ci. Ceci implique la préservation du cadre architectural, historique, végétal et de la faune située dans l’îlot Buffon-Poliveau, la modernisation des bâtiments servant aux collections, à la muséologie et aux laboratoires, et des actions diverses permettant d’assurer des constructions adéquates, respectueuses de l’environnement, des conditions géologiques, archéologiques et paysagères et de la zone résidentielle au voisinage immédiat de laquelle se situe la parcelle.

Nous demandons qu’une réflexion constructive sur l’avenir de l’îlot Buffon-Poliveau prenne place au niveau de toutes les instances concernées, administratives, politiques, institutionnelles et associatives. Nous y serons présents.

Comptant sur votre action,

Veuillez agréer, Mesdames, Messieurs, l’expression de notre considération distinguée.
Le Conseil d’Administration de l’ASIBP


Informations complémentaires


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